Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 22:27

 Document sur l'action de Ségolène Royal 2007-2011

 

 Sur l'action en Poitou-Charentes le numéro spécial d'Alternatives économiques

 

Extrait: "La social-écologie, un autre modèle

 

La croissance verte est ma priorité depuis 2004 :


·1ère Région à avoir lancé le véhicule électrique grand public


·1ère Région d’Europe à avoir mis en place un plan énergie solaire pour
la période 2008-2012, pour 400 millions d’euros, avec la Banque
Européenne d’Investissement : avec presque deux ans d'avance, il a déjà
atteint ses objectifs


·1ère Région d’Europe à produire des éco-carburants de troisième
génération, à base d’algues issues de la cogénération.


·1ère Région à posséder des brevets écologiques (une cinquantaine à ce
jour) avec la société économie mixte Valagro créée par la Région


·1èr lycée de l'après-pétrole avec le « lycée Kyoto », 100% énergie
propre


·Développement massif des TER – dont certains équipés de panneaux
photovoltaïques : + 56 % de fréquentation depuis 2004


·Création en 2005 d’un salon de la croissance verte attirant des
entreprises innovantes de tout le territoire national


·Multiplication des formations aux métiers de l’écologie."

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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 22:24

 

Chers amis, Chères amies,

Au cours de sa conférence de presse hebdomadaire, Ségolène Royal a annoncé la sortie de son livre pour le 20 août prochain.

Elle a rendu public le titre ainsi que la couverture.

A cette occasion, Ségolène Royal a précisé que cette « Lettre à tous les résignés et aux indignés qui veulent des solutions » est le fruit du travail de quatre années marquées par 25 déplacements internationaux, 17 universités populaires participatives de Désirs d'avenir, 120 déplacements de terrain et les résultats obtenus dans le laboratoire régional qu'est la Région Poitou-Charentes qu'elle préside.

Vous pourrez trouver le bilan détaillé de ces quatre domaines de travail sur le site de Désirs d’avenir (Lien : http://www.desirsdavenir.org/) pour ce qui concerne les trois premiers et sur le site de la Région Poitou-Charentes (Lien  http://www.poitou-charentes.fr/accueil.html) pour ce qui concerne les actions régionales.

Vous trouverez en fichier joint la couverture et ci-dessous les premières lignes de l'ouvrage écrit par Ségolène Royal.

L’Equipe de Ségolène Royal



 

 

Non au désenchantement

"Je m’adresse à vous, à tous ceux qui sont résignés et aussi à vous qui ne vous reconnaissez pas dans cet adjectif parce que vous êtes indignés. Ceux qui sont dominés se résignent facilement et je ne veux pas que vous le soyez, ni dominés, ni résignés parce qu’il y a des solutions. Ne soyez pas désenchantés même si, hélas, vous avez, nous avons beaucoup de raisons de l'être.

C’est le sens que revêt à mes yeux le beau combat républicain qui doit rendre aux Français, en 2012, tout simplement le droit à l'espérance d'une vie meilleure.

A vous, résignés et indignés qui êtes inquiets et même angoissés, souvent pour eux et toujours pour leurs enfants.

A vous, résignés et indignés qui êtes révoltés par trop d'injustices, par trop d'inégalités qui se creusent chaque jour davantage entre les gagnants et les perdants du système actuel.

A vous qui n'en pouvez plus.

A vous qui pouvez un peu ou beaucoup, mais qui vous sentez bridés dans une France désenchantée qui ne sait plus de quoi demain sera fait.

A vous qui ne reconnaissez plus la France telle que vous l’aimiez.

A vous qui ne croyez plus à l'efficacité de l'action politique au point de croire que le pays est définitivement vaincu par un pouvoir assujetti à la globalisation financière, qui appelle une moralisation et les règles d’un ordre international juste, toujours promis et jamais réalisé.

Oui, C'est à vous que je m'adresse vous qui avez perdu et qui avez peur de perdre encore."

Ségolène Royal

 

 

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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 22:21

INTERVIEW. Ségolène Royal : "L'inactivité des jeunes, grande cause nationale"

Chômage des jeunes, carte scolaire, autonomie des universités... la candidate à l'investiture socialiste répond aux questions du Nouvel Observateur. Par Baptiste Legrand.




Le nombre de chômeurs a bondi de 1,3% en juin et les jeunes sont les plus touchés, avec 435.500 demandeurs d’emploi de moins de 25 ans. Que proposez-vous pour faciliter l'insertion des jeunes sur le marché du travail ?


- Le chômage des jeunes est un drame, drame contre lequel je veux agir. Je veux que chaque jeune ait une bonne raison de se lever le matin, soit pour un emploi, une formation, un apprentissage, un service civique ou un engagement première chance. La lutte contre l’inactivité des jeunes sera une grande cause nationale. Je mettrai en place, avec une volonté politique sans faille, un plan national de l’alternance et de l’apprentissage.



Le PS propose dans son projet un "nouveau pacte éducatif". Qu'est-ce qui vous distingue des autres candidats à la primaire sur ce point ?


- Lorsque j’entends que l’Education nationale coûte trop cher, je réponds : "Essayez l’ignorance et vous verrez ce que cela coûte".

Pour moi l’Education nationale est un pilier de la République, avec la sécurité sociale et la sécurité. Ce pilier vacille aujourd’hui, parce que l’éducation n’est plus une valeur essentielle pour ceux qui nous gouvernent : non seulement ils ont infligé à ce grand service public le plus grand plan social de toute l’histoire -plus de 65.000 suppressions d’emplois-, mais ils ont accepté  une montée des inégalités scolaires et une montée de la violence.

Moi, je n’accepte pas
qu’un enfant d’ouvrier, ou d’employé, ait seulement une chance sur quatre d’obtenir un diplôme d’enseignement supérieur.

Moi, je n’accepte pas
qu’il y ait eu plus de 44.000 faits de violence grave à l’école au cours de la dernière année. Personne ne peut enseigner ni apprendre dans la peur et la violence. Avec la même détermination, je généraliserai le soutien scolaire gratuit, car je ne sépare pas la lutte contre la violence de la lutte pour la réussite scolaire. Les étudiants auront dans leur cursus universitaire, une mission de soutien scolaire pour les collégiens et les lycéens qui leur donnera des points supplémentaires. Et chaque fois que cela sera nécessaire, il y aura un deuxième adulte dans la classe, par exemple un enseignant stagiaire car je rétablirai l’année de formation.



Vous étiez, en 2007, partisane de la suppression de la carte scolaire. Mais depuis, son assouplissement a posé des difficultés d’affectation pour de nombreux lycéens. Comment corriger le tir ?


- J’ai dit que la carte scolaire était contournée par tous ceux qui en avaient les moyens. Cela fait longtemps qu’elle ne permet plus d’atteindre l’objectif de mixité sociale qu’elle devait initialement favoriser. Mais j’ai affirmé que mon objectif fondamental était l’équité : la carte scolaire pouvait être assouplie si dans le même temps on investissait de façon imaginative dans les établissements délaissés pour les rendre réellement attractifs. Je me suis toujours opposée à la suppression de la carte scolaire telle que la droite l’a mise en œuvre, c’est-à-dire sans moyens pour corriger les inégalités. Les établissements délaissés devront recevoir des moyens diversifiés : section sport-études, musique-études, langues étrangères, internat de qualité pour que les enfants qui y sont assignés, réussissent.



Comptez-vous revenir sur l’autonomie des universités ?


- Non, j’irai même plus loin. Certaines facultés sont dans un état de délabrement indigne de notre pays et le taux d’échec dans l’enseignement supérieur est un gâchis humain inadmissible. On voit bien qu’il faut à l’université plus de libertés, plus de dynamisme. Mais l’autonomie n’est pas la concurrence, qui entraîne la paupérisation de nombreuses universités. Je suis profondément convaincue que nous pouvons donner un prestige nouveau à l’université en France en la rapprochant des grandes écoles et des laboratoires ainsi que des entreprises et en orientant correctement les étudiants.



Comme présidente de région, vous avez mis en place un "chèque contraception" décrié par la droite. Souhaitez-vous sa généralisation ?


- Oui, la contraception doit être gratuite pour les jeunes et les femmes démunies. 10.000 jeunes filles sont chaque année confrontées à l’épreuve d’une grossesse précoce non désirée. Dans la longue histoire du combat des femmes, c’est le nouveau pas en avant que la France doit accomplir. L’interdiction par la droite du Pass Contraception que j’ai créé est un mélange d’obscurantisme et de sectarisme.



Vous êtes très présente sur les réseaux sociaux. Est-ce toujours vous qui tweetez (@RoyalSegolene) ou bien un collaborateur ?


- Oui. Je tiens à l’authenticité de mes messages. Je prends du temps pour répondre aux questions ou aux interpellations ; c’est la raison pour laquelle j’ai inventé ce rendez-vous hebdomadaire de la twitt-interview. Tout le monde peut y participer en utilisant l’hashtag #QASR. Mais rien ne remplace le contact de terrain. Et au moment où je vous parle [vendredi 29 août, NDLR], je suis à L’Estivada de Rodez où se pressent 10.000 personnes. J’ai aussi visité l’hôpital public, inquiet pour son avenir, et rencontré des salaires précarisés. Partout les français souffrent, il est temps de changer.



Interview de Ségolène Royal recueillie par Baptiste Legrand- Le Nouvel Observateur

(le vendredi 29 août 2011) en cliquant ICI

 

 

 

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Samedi 30 juillet 2011 6 30 /07 /Juil /2011 08:20

 

« Encadrement militaire des délinquants comme alternative à la prison : je le ferai en 2012 » déclare Ségolène Royal

« J'ai proposé  une solution, la droite s'en empare, qu'elle le fasse tout de suite, les Français en ont assez des promesses sans lendemain » a demandé Ségolène Royal aujourd’hui lors d’une rencontre avec les habitants du quartier Bagatelle à Toulouse ajoutant « Monsieur  Sarkozy se rallie à l’une de mes propositions  et je lui demande de passer enfin des discours aux actes et le mettant au défi d'agir. »

Depuis cinq ans, Ségolène Royal  propose  sans relâche des solutions concrètes et efficaces pour lutter contre l’insécurité et notamment la mise en place d’un encadrement militaire. Cette solution est une alternative à l’impunité, qui conduit à la récidive, mais aussi une alternative à l’incarcération car les prisons surchargées aggravent la délinquance.

Il existe  une action de la Défense nationale, intitulée « Défense 2éme chance », constituée de 21 Etablissements Publics d'Insertion de la Défense accueillent en effet  actuellement des jeunes volontaires, âgés de 18 à 25 ans, sans qualification et en difficulté scolaire.

Un parcours complet de 8 à 24 mois est proposé en internat avec trois objectifs :

- une remise à niveau des fondamentaux scolaires,
- retrouver des repères par une formation civique et comportementale structurante,
- une préformation professionnelle.

Ségolène Royal propose que ce savoir-faire de la Défense nationale soit mobilisé et au besoin complété pour offrir une solution nouvelle et remettre ainsi  les mineurs délinquants sur de bons rails : « Il faut une remise à niveau scolaire, l'apprentissage d'un métier, le permis de conduire, les règles du vivre ensemble, les droits et devoirs dans une République et la participation à des chantiers humanitaires ».a t-elle précisé

L’annonce du vote d’une loi (en Octobre !)  reporte de fait,  étant donné les délais, les décisions concrètes en 2012. Donc il vaut mieux voter pour Ségolène Royal, qui elle, le fera !


Ségolène Royal demande également au gouvernement un « moratoire sur la fermeture des régiments car on ne peut pas dire à la fois qu'on va mettre en place l'encadrement éducatif militaire des jeunes délinquants et, de l'autre côté, continuer à fermer les casernes."

La politique de sécurité est en un échec total et les violences ont augmenté de 21,2% depuis 2002. Cet échec, largement dénoncé par tous les élus de terrain, de droite comme de gauche a désormais été établi par un constat sans appel de la Cour des Comptes.

 

Ségolène Royal agira et donnera aux français la sécurité à laquelle ils ont droit.

 

L'Equipe de Ségolène Royal

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Vendredi 29 juillet 2011 5 29 /07 /Juil /2011 18:53

 

Mes chers amis,

Ici, dans le sud-ouest, les racines historiques sont solides et les combats sociaux ont été nombreux.

Ces combats nous rappellent que les droits politiques et sociaux ne furent jamais octroyés mais toujours conquis à force de courage et parfois chèrement payés.

Ici, on sait ce que lutter veut dire.

Ici, la dignité ouvrière et l’enracinement républicain eurent, dès l’origine, partie étroitement liée.

Ce devoir d’invention qui nous incombe aujourd’hui pour relever la France, Jaurès l’assuma en son temps.

Alors ce soir, j’ai envie de vous dire en quoi ce fils d’un sud-ouest souvent rebelle qui garde encore les traces de la révolte cathare reste, pour moi, le défricheur et l’éclaireur d’un combat toujours actuel pour que la République tienne sa promesse de liberté, d’égalité et de fraternité.

Ce qu’il appelait « la bataille entre le droit et le privilège », nous devons à notre tour la mener contre les inégalités qui se creusent, contre les discriminations qui persistent, contre les précarités qui à nouveau s’étendent.

Jaurès s’insurgeait jadis contre « l’injustice qui, du père au fils, passe avec le sang ». Autrement dit : la pauvreté héréditaire et l’immobilité des conditions.

Auraient-elles disparu ? Non ! Elles reviennent même en force, ruinant l’égalité des chances et assignant un nombre croissant de familles à ce que Jaurès appelait « la perpétuelle incertitude de la vie et la perpétuelle dépendance ».

Et cela, pas plus que lui jadis, nous ne l’acceptons pour la France car il en va du pacte social dont l’Etat doit être le garant.

I.- Le défenseur de la valeur travail


Le travail, disait Jaurès, devrait être « le combat de tous les hommes contre les fatalités de la nature et les misères de la vie » alors qu’il n’est, le plus souvent, que « le combat des hommes entre eux, l’âpreté au gain, l’oppression des faibles et toutes les violences de la concurrence illimitée ».

Voilà pourquoi, disait-il aussi, « il faut subordonner les lois brutales de la concurrence aux lois supérieures de la vie ».

N’est-ce pas, dans le monde globalisé qui est désormais le nôtre, une feuille de route toujours actuelle ?

Et lorsqu’il dénonce « un système de métal qui traite des millions d’hommes comme une matière première » et l’emploi « comme une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré », ne disons-nous pas la même chose, nous qui n’acceptons pas que les salariés soient traités comme une vulgaire variable d’ajustement exposée aux licenciements boursiers et aux délocalisations brutales ?

Comme elle nous paraît proche de nous son indignation contre des comportements patronaux que nous pourrions décrire quasiment dans les mêmes termes !

Malgré tout ce qui a changé de lui à nous.

Je veux, moi, instaurer de nouvelles règles du jeu qui garantiront aux salariés le respect de leur dignité.

Je veux créer des sécurités nouvelles qui ne seront pas ennemies de la performance économique mais, au contraire, facteur de productivité et de compétitivité renforcées.
Révolté par les patrons autocrates et voyous de son temps, Jaurès – et cela mérite d’être rappelé – respecte ceux qui prennent le risque d’entreprendre et conduisent honnêtement leur affaire, victimes eux aussi de l’entente et de la spéculation.

II.- Combats ouvriers et démocratie sociale avant la lettre

Jaurès est révolté par la dure condition ouvrière de son temps.

Livré à lui-même, le capitalisme est pour lui « un désordre » auquel il oppose la nécessité d’un « ordre nouveau » et moi celle d’un ordre économique et social juste.

Quand, face à l’injustice, la colère ouvrière éclate, il n’hésite pas et se range aux côtés de ceux qui se battent pour leur dignité.

Jeune républicain convaincu que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit, il en vient à vouloir, pour que ces mots ne restent pas vains, que la démocratie s’étendre aux relations économiques et sociales.

Je ne peux m’empêcher d’établir une correspondance entre ce qu’il appelait « la République affirmée dans l’atelier » et cette démocratie sociale dont je veux faire (avec la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie territoriale) l’un des 4 piliers de cette Républque nouvelle, de cette révolution démocratique que je propose aux Français.

Jaurès considérait que, dans l’ordre politique, la nation souveraine avait renversé les oligarchies du passé mais que, dans l’ordre économique, elle leur restait soumise.

Ce que la Révolution française avait fait pour le citoyens, il restait à l’accomplir pour le salarié privé de droits.

La démocratie sociale telle que je m’engage à la développer (avec le renforcement du dialogue entre partenaires sociaux, avec la représentation des salariés dans les conseils d’administration des entreprises, avec l’essor nécessaire d’un syndicalisme de masse qui rééquilibre les rapports entre le capital et le travail, avec sa capacité à anticiper et négocier les mutations économiques, avec ses compromis dynamiques dans l’intérêt bien compris de l’entreprise et de tous ceux qui contribuent à la production de richesse), cette démocratie sociale, donc, et l’idéal jauréssien de citoyenneté dans l’entreprise ont quelque chose en commun : la conviction que l’intérêt général commande le respect mutuel plutôt que la brutalité des relations sociales.

III.- Education pour tous et formation tout au long de la vie

Boursier, comme je l’ai moi-même été, il considére que le savoir est le premier droit, la première liberté, la première dignité.


Il soutient, bien sûr, les grandes lois scolaires de Jules Ferry.

L’école à deux vitesses, une pour les riches, une pour les pauvres, n’est pas seulement une injustice : c’est, pour lui, un gâchis du potentiel des enfants, un gaspillage d’intelligence.


Il croyait, avant la lettre, à la formation tout au long de la vie.

Il plaide pour une certaine diversité de l’offre scolaire dans un cadre public et laïque, pour le droit à l’expérimentation d’écoles indépendantes gérées par les communes et de méthodes pédagogiques nouvelles.


Ses positions reflètent pour une part la méfiance, traditionnelle à cette époque, du mouvement ouvrier à l’égard de l’Etat éducateur.

Mais elles anticipent en même temps bien des débats toujours actuels et, en cela aussi, Jaurès est moderne.


Il pensait que, pour donner à leurs élèves le goût du savoir et de la liberté, les instituteurs devraient disposer de leurs droits et pouvoir, ce qui leur fut longtemps interdit, se syndiquer.


Précurseur, il le fut aussi dans un domaine très nouveau pour l’époque et devenu, de nos jours, extrêmement important : les droits de l’enfant auxquels, vous le savez, je suis particulièrement attachée.

IV.- Laïcité et langues régionales

Ardent partisan de la séparation des Eglises et de l’Etat, Jaurès prend une part active à la grande loi de 1905 qui fonde notre laïcité républicaine.


La désimbrication de ce qui, des siècles durant, avait été si étroitement mêlé est violente.


Il le fallait pour que, comme le souhaitait Victor Hugo, l’Eglise soit chez elle et l’Etat chez lui.


Dans les débats parlementaires, Jaurès soutient Briand contre les plus véhéments des anti-cléricaux qui, à gauche, tentent d’opposer la liberté de pensée et la liberté de culte, toutes deux garanties par la loi.


L’histoire lui donnera raison.


Mais Jaurès ne voulait pas qu’à trop débattre des religions, on en oublie la question sociale, pour lui prioritaire.


C’est aujourd’hui une pratique coutumière de la droite que d’agiter la question religieuse pour différer les réponses à apporter aux problèmes sociaux et à la soif d’égalité.


Jaurès parlait et aimait l’occitan.


Il n’opposa jamais langue régionale et langue nationale car il trouvait naturel et très formateur pour les enfants de pouvoir passer de l’une à l’autre.


Favorable à l’enseignement des langues régionales, c’est de cette tradition d’ouverture, de pluralité et de complémentarité que je me réclame. Car je n’oppose pas le respect des identités locales ou particulières à notre commune appartenance à la nation et à la langue françaises.

V.- L’affaire Dreyfus


Jaurès est celui qui arrima solidement le socialisme à la République et à la démocratie.


Lorsqu’éclate l’affaire Dreyfus, il commence par partager le préjugé dominant dans le mouvement ouvrier de l’époque, qui ne se sent pas concerné par la sentence d’un tribunal militaire prononcée à l’égard d’un officier supérieur issu d’un milieu aisé.


Mais, très vite, il découvre l’injustice faitre à un homme : il n’est pas question qu’il en soit complice.


Il s’engage avec passion pour la défense du capitaine traîné dans la boue, de l’homme victime du mensonge d’Etat et de l’arbitraire institutionnel.


Mes chers amis,


il y aurait tant et tant à dire sur ce Jaurès que nous aimons, sur ces belles leçons d’humanité, de lucidité et de courage qu’il nous a laissées en héritage !

VI.- Nation, Europe, internationalisme

Jaurès avait l’amour de la France, de la République et de la nation.


Il croyait et je crois avec lui « qu’un peu d’internationalisme éloigne de la patrie et que beaucoup y ramène ».


Il vibrait de ce patriotisme bien compris qui est l’ennemi du chauvinisme et le contraire du nationalisme.

Jamais il ne transigea avec le devoir de défense mais il voulait une « armée nouvelle » qui soit l’émanation de tous les citoyens.


Il eut le courage de dire haut et fort que l’intérêt des peuples allemand et français n’était pas dans l’affrontement fratricide.


Il rêvait d’une Europe de la paix : il fallut deux guerres mondiales pour commencer à la construire.


Lui qui voulait passionnément la paix, il vit, avec lucidité, l’Europe courir à la guerre.


Dans le dernier discours qu’il prononça à Lyon-Vaise, il le dit sans ambage : ce qui se profile, « c’est l’Europe en enfer, c’est le monde en enfer ».


« Je dis ces choses, ajoutait-il, avec une sorte de désespoir car la nuée de l’orage est déjà sur nous ».


Il disait également que « la peur resserre et l’espérance dilate », façon de dire que, quand une nation n’a plus confiance en elle, chacun tend à se méfier de l’autre et à se replier sur soi, cependant que le ressentiment et parfois la haine prennent le pas sur l’hospitalité et la solidarité.


C’est plus vrai que jamais dans la France d’aujourd’hui, qui souffre et qui doute.
Mais j’y vois aussi une façon de dire qu’un désir d’avenir retrouvé, c’est un pays qui repart.

VII.- Fatigue démocratique et individu-test

Jeune élu du Tarn, Jaurès affirmait que la « la démocratie française n’est pas fatiguée du mouvement, elle est fatiguée d’immobilité (…), fatiguée de l’incohérence et de l’impuissance des gouvernants ».


Je ne saurais trouver de mots plus justes pour exprimer la crise démocratique qui sévit aujourd’hui en France, la nécessité de débloquer le pays, de restaurer l’efficacité de la puissance publique et la crédibilité de l’action politique.
Il n’avait pas peur de dire que « l’individu est la mesure de toute chose ».


Autrement dit : les institutions ne valent que dans la mesure où elles servent le désir de progression et d’émancipation de chacun.


Je pense, moi aussi, que les solidarités collectives ne valent que si elles font du droit de conduire sa vie et de la possibilité de répondre personnellement de ses actes non plus le privilège de quelques uns mais le droit de tous.


Tout le contraire de l’assistanat !


Il n’opposait pas, lui, l’individuel et le collectif, l’aspiration à l’autonomie et les sécurités collectives qu’elle requiert.

* * *

Mais peut-être le Jaurès le plus hardi, le plus iconoclaste est-il celui qui houspillait fraternellement ses camarades en leur tenant ces propos : « le socialisme n’est pas une momie enveloppée de bandelettes doctrinales (…). Nous sommes un parti vivant, nous poursuivons notre œuvre de justice non dans le vide mais au travers des réalités multiples et diverses de la société présente ».


Il ajoutait : notre rôle n’est pas de nous isoler dans je ne sais quel souci de pureté ou de perfection, notre rôle, c’est « de nous commettre avec la société d’aujourd’hui ».


Il exhortait les siens à n’avoir « peur d’aucune formule et d’aucune idée ».


Jamais il n’abdiqua son indépendance de pensée et de parole.


Jamais il ne se résigna à l’injustice.


Jamais il ne dévia de sa ligne de conduite : recherche de la vérité, clarté dans le débat, unité dans l’action. Et République indissociable de la justice sociale.

 


Ségolène Royal

 

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